John John Florence

Quand les surfeurs pros débarquent en Australie!

Teaser of the Margs Pro!

Le passage des meilleurs surfeurs au monde dans notre petit village!

MARGARET RIVER, Australie – L’hiver, qu’on le veuille ou non, ça nous définit à l’international. À chaque fois que quelqu’un te demande d’où tu viens lorsque tu es loin de la maison et que tu réponds que tu es Québécois ou Canadien (peu importe ton sentiment d’appartenance), les réactions sont tous les mêmes : « Ouf c’est froid là-bas!!! ». Oui, il fait frette chez nous! Pas froid, frette! Nous sommes nés dans la neige et la glace.

Ce n’est cependant pas la réalité de beaucoup de citoyens du monde. La majorité est beaucoup plus dans des pays chauds où expérimenté un -40 avec une bordée de neige de 40 cm n’est même pas imaginable. C’est le cas des Australiens! Si eux nous voient avec des chemises à carreaux vivant dans un hiver perpétuel, nous nous les caricaturons probablement grand, cheveux longs blonds, toujours avec un surf en dessous du bras. Bien que je suis complètement contre les stéréotypes généralisés, forcé d’admettre que celui-ci n’est pas très loin de la réalité. En fait… c’est exactement la réalité! 

Si la majorité des Québécois n’ont aucune difficulté à se déplacer sur patins ou encore sur des skis et bien eux font la même chose mais sur une planche. Un enfant québécois de quatre ans qui rivalise sur les patinoires des villages, c’est le comparatif du gamin australien de quatre ans qui n’a aucune peur d’affronter la vague qui arrive sur lui. Vous croyez que nous sommes bons sur la glace? Et bien eux ils sont magiques sur l’eau! Vivre sur les côtes australiennes, c’est se laisser aller au gré de Dame Nature. C’est d’organiser son agenda en fonction des marées, c’est prendre congé parce que la prochaine tempête devrait apporter une série de vagues énormes, c’est avoir un vieux Jeep qui démarre à peine mais qui t’amène tout de même à bon port toi et ta planche. Vivre sur les côtes australiennes c’est vivre pour le surf!

La région ouest de l’Australie est reconnue pour avoir parmi les meilleures, mais également plus dangereuses vagues au monde. Ici pratiquement tout le monde sait surfer; c’est dans leur sang et ils le font à l’année. Mais la dernière semaine de mai et la première de juin étaient spéciales dans la région de Margaret River. Le temps s’est arrêté. Les locaux se trouvent des excuses pour manquer le boulot, plusieurs parents allaient chercher leurs enfants plus tôt à l’école (ou certains manquaient tout simplement les classes) et tout le monde convergeaient vers la plage de Surfer’s Point. C’est le plus beau moment de l’année. C’est le Margaret River Pro. 

Les pros sont en ville!

Les meilleurs surfeurs et surfeuses de la planète débarquent dans cette magnifique ville de 14 000 habitants pour disputer la quatrième étape du Championnat du monde 2019 de la World Surf League. Ici, c’est leur finale de la Coupe Stanley! Les John John Florence, Kelly Slater, Italo Ferreira se promènent sur la rue principale où tout le monde les arrête. Ces athlètes sont des vedettes planétaires et avec raison. Au Canada, ils seraient probablement de purs inconnus. Mais que ce soit en Asie, en Amérique du Sud ou ici en Australie, il est impossible de passer inaperçu. Ces athlètes sont des « adrenaline junkie »! Il faut l’être pour affronter des vagues d’une puissance et d’une force que peu d’entre nous ne peuvent concevoir. Non seulement ils n’ont aucune crainte de s’élancer à des vitesses hallucinantes sur une vague deux, trois, cinq fois leur stature, ils s’amusent à faire des figures de haute voltige pour impressionner les juges et les nombreux partisans qui les regardent sur la côte. Si vous avez déjà surfé, même une toute petite vague, vous savez à quel point c’est difficile – physiquement et mentalement – et surtout très dangereux. Jouer avec Dame Nature ce n’est pas donné à tout le monde, mais quand des athlètes d’exception décident d’entamer la valse avec elle, le spectacle est tout simplement magique!

Comment se déroule une compétition de surf?

Allons-y pour un peu de théorie surf 101. Il est assez complexe d’expliquer comment l’on calcule le rang de départ de chacun des surfeurs, mais de toute façon vous n’avez pas vraiment à vous soucier de ce détail pour apprécier vos premiers visionnements de compétition de surf. Tout ce qu’il faut savoir c’est que la première journée d’un événement du WSL sert d’introduction qui déterminera l’ordre et les groupes pour la première ronde. Il y a tout de même un enjeu important lors de ce prélude à la compétition alors que les billets sont distribués pour accéder directement à la ronde des 32. Tous les surfeurs y participent, mais personne n’est éliminé. 

Les choses sérieuses débutent dès la journée suivante, soit lors de la ronde d’élimination. Les surfeurs sont lancés en trio durant une séance où le temps est prédéterminé – normalement entre 20 et 30 minutes – et où ils sont évalués sur des critères spécifiques. Les cinq points notés par les juges sont : 

  • l’engagement et le niveau de difficulté ; 
  • l’innovation et le progrès des manœuvres ;
  • la combinaison de plusieurs figures majeures ;
  • la variété de gestes présentés ;
  • et pour terminer la vitesse, la force et la fluidité de la prestation. 

Sur la base de ces critères, les surfeurs se voient attribuer des notes de 1 à 10, 10 étant la perfection. Pour cette première phase d’élimination, il est primordial d’obtenir l’un des deux meilleurs résultats du trio pour passer à la prochaine ronde. Suite aux premières coupures, c’est l’heure des duels! De la ronde des 32 jusqu’à la grande finale, c’est une confrontation un à un entre les surfeurs dans un format de tableau. Un comme on retrouve durant le March Madness de la NCAA par exemple. Les athlètes n’ont pas de limite de vagues où ils peuvent s’élancer durant la session, mais ils ont tout intérêt à bien les choisir. Principalement parce que l’épuisement peut vite se faire sentir, mais aussi parce que des pénalités d’interférences peuvent s’appliquer aux surfeurs qui ne respectent pas la priorité. Nous n’entrerons pas dans les détails mais quiconque a surfé dans sa vie reconnaîtra que même dans le surf récréatif il n’y a pas d’ami dans l’océan lorsqu’il s’agit de prendre une bonne vague. Les deux meilleures vagues enregistrées sont additionnées et le meilleur résultat sur une note de 20 l’emporte! 

Dancing with Mother Nature!

Ça paraît un peu compliqué mais vous allez vous même pouvoir juger assez facilement les performances des surfeurs si vous vous adonnez à regarder une étape de la Coupe du monde. C’est simple, au lieu de crier « shoot!!! », il faut juste crier « paddle !!! »

Attention, requin à l’horizon! 

Les vagues sont immenses en ce moment, la température est parfaite et la compétition est épique. Une seule inquiétude demeure pour les organisateurs et elle est de taille. Enfaite, cette peur du Grand Bleu mesure plus trois mètres, à environ 300 dents et aime bien se promener dans les eaux de la région. Des attaques de requins répétées dans la région de Margaret River avaient forcé la WSL à annuler l’événement l’an dernier. Cette année – pour la première fois – un drône a été utilisé pour surveiller les requins qui voudraient s’approcher des compétiteurs. Espérons seulement que cette fois les surfeurs pourront exprimer leur talent en toute liberté pour nous donner tout un show en direct de la côte ouest australienne! 

Si vous avez apprécié votre initiation au surf, restez à l’affût car j’ai encore beaucoup à vous jaser sur ce sport qui est devenu mon mode de vie. Si un requin ne m’attrape pas d’ici là lors de ma prochaine session!  

Pour suivre toute l’action de la WSL en direct : https://www.facebook.com/wsllive/

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